La blouse de la loose

Après deux mois d’inactivité couturesque complète, j’ai profité d’un moment de miracle sans enfant pour me lancer dans un projet qui attendait depuis lurette dans mon atelier. Trois ans. Trois ans que j’avais le projet en tête, le tissus (un joli lin vert pomme offert par Mamette), l’envie, tout ça tout ça. Je l’ai même vu en haut de grossesse, puis en haut d’allaitement, pour finalement revenir à un haut tout court…

Il y a 10 jours, je me suis donc lancée. Je me suis installée dehors, sur la table de jardin pour profiter de la chaleur et du beau temps. J’ai découpé mes pièces de tissus, en taille L, comme j’en ai l’habitude dans le commerce ou sur mes patrons.

J’ai ensuite assemblé le devant avec un curieux pressentiment tout du long. Ce n’est que lorsque j’ai plaqué le haut sur moi que ce fichu pressentiment s’est confirmé : trop petit. Mais FRANCHEMENT trop petit. Grmlmlml. Je cherche le tableau des mensurations, taille L. Poitrine : 89 , taille : 73 , hanches : 96 . Et le must, la stature : 160.

Alors faudra expliquer à l’éditeur français qu’en France, les nanas qui font 1,60m de stature ne sont pas la majorité, contrairement au Japon, et qu’il serait opportun d’ajuster les patrons en conséquence.

Bon pour finir j’ai vérifié mes propres mensurations, même si je savais déjà qu’on avait un écart monumental concernant la poitrine (j’allaite toujours hein) et les hanches.

J’ai pris une décision : j’ai recommencé à faire des exercices chaque jour. Et j’ai ajusté comme j’ai pu tout en gardant à l’esprit que, quand on bidouille, faut pas le cacher, faut le mettre en valeur.

J’ai donc finalement ajouté 11 cm aux épaules avec un petit biais contrasté et ouvert le dos avec le tissu contrasté déjà choisi pour la ceinture et j’ai assuré comme une bête.

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Par contre, j’avais initialement prévu d’intégrer un jersey pour masquer le décolleté – vu que même les mannequins du bouquin ne l’assument pas – plutôt que de mettre un t-shirt en dessous à chaque fois. Bon ben vu tout ce que j’ai dû bidouiller, j’ai préféré assurer le montage plutôt que de risquer les conneries. J’en suis donc réduite à porter un débardeur en dessous.

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Petite astuce du midi pour cuisinier flémard

La cuisine et moi, on n’est pas exactement copines. Pour être honnête, c’est l’une des corvées quotidiennes qui me prend le plus la tête, parce qu’en plus faut s’y mettre plusieurs fois par jour. Youpi, joie et bonheur.

Il s’agit à chaque fois de tenir compte des différents paramètres :

  • les ingrédients disponibles (qui ne seront jamais les bons de toutes façons) ;
  • le temps de préparation qui doit être au plus court parce que 1. j’ai pas envie d’y passer des heures, 2. les enfants sont en train de faire des schtroumpferies, faut les surveiller et 3. vu l’heure qu’il est, ce serait pas mal de faire un truc rapidos si on veut que ce soit prêt avant demain (je ne parle pas de là maintenant tout de suite mais plutôt de chaque fois qu’il est l’heure de se mettre à table) ;
  • les légumes qu’il serait judicieux d’intégrer au menu si on veut arriver à 3 fruits et légumes par jour (qui a dit 5 ???) et si on ne veut pas jeter la moitié du panier de l’AMAP à la fin de la semaine ;
  • les goûts des différents membres de la famille sachant que je n’aime rien, que Jérôme ne mange pas le peu que j’aime, que Gussette n’accepte de manger que des pâtes.

Bref. Youpi tralala. Je passe des heures sur LaMarmite.com en pleurant toutes les larmes de mon corps et finalement je finis avec une purée QuiMousse.

Le must c’est le midi en semaine. Il faut en plus mitonner des petits plats pour… moi toute seule ? Pfff…. non. Je crois que je vais manger une tranche de pain avec un peu de salade, c’est moins long.

Et voilà comment on arrive devant son frigo à admirer une courgette ronde. Pas ce qui faut pour faire de la farce. D’ailleurs pas envie de manger de courgette farcie. Plutôt un œuf cocotte mais comme je ne suis toujours pas équipée de ramequin passant au four, on va tenter un truc.

La courgette farcie à l’œuf cocotte.

Tout bête.

Vous lavez votre courgette et vous la faites pré-cuire au four (parce que c’est la méthode la moins salissante qui nécessite le moins de travail et d’attention) pendant… jusqu’à ce qu’elle ait l’air à peu près cuite. Puis vous lui coupez la tête (non pas les cheveux, elle n’en a pas), vous l’évidez, vous cassez un œuf dedans avec une cuillère de crème fraiche. Vous refermez avec la tête et vous remettez au four le temps que l’œuf cuise à peu près. Le contenu que vous avez évidé, vous le mettez dans une assiette, coupé en petits morceaux.

Comme vous en avez foutu partout avec le blanc d’œuf en refermant votre courgette et que ça a cuit dans le four, vous récupérez le blanc qui est au fond du plat pour le mélanger aux petits morceaux de courgette. Vous vous servez votre courgette farcie à l’œuf cocotte accompagnée de quelques feuilles de salade qu’il faut finir vite vite avant le nouveau panier d’AMAP de ce soir (ah oui parce qu’avec 2 salades par semaine et une seule personne pour les manger, vous collectionnez les salades dans votre bac à légume).

Voilà un extrait de la cuisine au quotidien par Angélique. Souvent ça foire, c’est dégueu, mal cuit ou alors gras et pas diététique pour un sou*. Parfois c’est correct. Du coup elle le crie sur les toit parce qu’en vrai ça n’arrive jamais d’habitude.


* Notez que, pour autant, ça n’a refroidi personne, on attend toujours de moi de préparer les repas de la famille.

Un pantalon à pont

C’est bon, Stich, tu peux fuir tout de suite, on va *encore* parler couture.

Depuis mon accouchement, j’affiche deux jolis bourrelets de part et d’autre de mon nombril. C’est très disgrâcieux certes, et surtout je ne trouve plus de pantalon qui me convienne tout à fait. Il existe pourtant un type de pantalon formidable qui cache tout ça et qui en plus a un peu la classe, c’est le pantalon à pont*.

Ca fait très très très longtemps que je me rêve un pantalon à pont sans trouver mon bonheur ni dans le commerce, ni dans les patrons de couture, ni dans les tutos en ligne. D’ailleurs, question tutos en ligne, il n’y en a qu’un seul, sur le site d’Avantages, il est très très très très très moche même sur le mannequin d’Avantages (c’est dire s’il ne va pas vous mettre à votre avantage justement). Ma maman l’a testé, il attend ses retouches depuis deux ans dans un coin de son atelier tellement il l’a déprimée.

Bref, quand je ne trouve pas ce que je veux, je passe la seconde et je fais toute seule comme une grande. Une fois n’est pas coutume, vu le désert en la matière, je partage mon expérience. Alors comment transformer un patron de pantalon classique en patron de pantalon à pont ? C’est très simple ! Munissez vous de papier patron (ou d’une nappe en papier si vous préférez), d’un crayon, d’une règle, d’une paire de ciseaux (pour papier of course) et d’un rouleau de scotch.

  • On commence par recopier le patron d’un pantalon qu’on aime bien et qu’on a étrenné. Ca évite d’avoir en plus à se casser les pieds à faire des retouches et à se retrouver avec un pantalon qui n’est pas tip top confort. Pas comme moi quoi. On laisse le dos tel quel, on ne travaillera que sur le devant. Attention, si le patron initial comporte une ceinture, il faudra la supprimer et donc remonter d’autant le pantalon.

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  • On place un point sur la ligne de taille à 7,5 cm du bord côté et un autre sur le bord côté à 21 cm de la taille. On tire un trait et on découpe. Les dimensions sont indiquées *sans* les marges de couture.

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  • Nous avons maintenant deux pièces. Nous allons agrandir l’espèce de triangle qui nous reste sur les bras de 4 cm le long du trait que nous venons de couper (c’est là qu’on dégaine le scotch !)

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  • Si votre patron initial est prévu pour accueillir une fermeture éclair, on zigouille. Le milieu devant sera cousu jusqu’en haut puisque votre pantalon se fermera par les côtés.

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On pensera bien entendu à prévoir une doublure pour le pont, la pièce triangulaire et la ceinture du dos, ainsi que 8 boutons. Une couture de renfort de part et d’autre de la base du pont sera également la bienvenue.

* Et là j’entends la toute petite voix qui demande : « c’est quoi un pantalon à pont ? »
Un pantalon à pont, c’est un pantalon qui se ferme sur les côtés, genre les pantalons de marins

Grande lutine

Tout vient à point à qui sait attendre ou – comme chacun sait – nécessité fait loi.

Vous devez être globalement au courant maintenant : depuis septembre Gussette va à l’école. Or l’école se trouve à approximativement 500m de ma maison de moi et il est globalement hors de question que je prenne ma voiture pour me prendre les embouteillages à l’école, donc le matin nous pensons à notre planète : nous marchons !!!

En prévision de l’hiver qui va bien finir par arriver (si si !), Gussette a donc eu pour son anniversaire un manteau de voileux qu’il est chaud, coupe-vent et imperméable, équipé d’une capuche (merci les voileux !). Oui mais voilà, comme d’habitude, je pense à ma fille, mais pas à moi. Or donc après cet été indien exceptionnel, il a bien fallu se rendre à l’évidence : s’il pleut je mets mon ciré jaune (top glamour, mais il est génial), s’il fait froid je mets mon manteau tout chaud et s’il fait froid ET qu’il pleut je…

euh je…

je mets les deux ?

Et c’est là que vous vous souvenez que j’avais acheté de la polaire pour un projet de cape comme celle de ma fille.

J’ai donc sorti les doigts de mon derrière vu que j’avais tout le matériel nécessaire, et j’ai fait…

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ÇA !

Et vous savez ce que c’est ça ?

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Non bien sûr, vous n’y voyez rien, une tablette ça fait pas bien la mise au point sur les gros plans. Mais en même temps y’a rien à voir parce que ça c’est un biais fermé COR-REC-TE-MENT donc la fermeture est invisible.

En plus le biais est posé presque correctement. J’avoue avoir eu des moments de faiblesse : deux coutures en ligne droite de 6.5m chacune avec en prime le poids du tissus qui tirait sur la machine (oui j’ai un scoop : la polaire c’est lourd sur des quantités pareilles)…

Alors bien sûr, c’est là qu’on se rend compte que ce n’est pas si génialement pratique.

  • Dans tout ce tissus, enfiler une cape c’est un peu la jouer Petit Poucet dans la forêt : c’est par où la sortie ???? Enfin on finit par prendre le coup de main.
  • On vient de remarquer que la polaire pesait lourd. En quoi qu’elle est la capuche à votre avis ? Bon ben elle tient pas sur la tête, y’a trop de poids sur l’arrière. Le truc ? Le béret en polaire Chik Chapo designed posé sur la tête tient chaud aux oreilles ET accroche la capuche qui tient donc parfaitement et me protège de la pluie et du vent.

Par contre :

  • Elle tient vraiment chaud et protège bien de la pluie.
  • Pas besoin de condamner mes menottes dans des poches s’il fait un peu frisquet et que j’ai oublié les gants : je peux porter un sac, des livres, tout ça que je veux bien au chaud sous ma cape, et même c’est tout à l’abri de la pluie.
  • Le col que je lui ai ajouté pour faire un peu classouille plus adulte protège le cou sur des petites fraicheurs.

Va maintenant falloir que je commande une écharpe assortie à Mamette : celle qu’elle m’avait donnée est très assortie à mon manteau noir mais pas à ma cape !

Les pougnacs ? Vous ne les verrez pas, mais  :

  • le même problème que j’ai eu pour Gussette s’est posé au niveau du col sur les quadruples épaisseurs de polaire. J’ai fini des coutures à la main (pas sûr que ce soit un vrai point de couture, mais les demi-clefs y’a que ça de vrai : encore merci les voileux !).
  • une couture sous le col n’est pas encore assez bien cachée et a parfois tendance à révéler ses dessous (la coquine !). Il faut encore que j’ajoute un point ou deux à la main pour que le col tienne bien correctement et ne soulève plus ses jupons.

Merci à ma môman pour le photo-shooting

Meuh meuh meuh font les vaches

A Lacanau, pour les vacances de la Toussaint, la Ferme était à l’honneur, et du coup à la place de « La Fête des Chorchières », les enfants ont fait un Carnavache. Donc cette semaine, on s’est attelé à transformer Gussette en vache.

vache

Au programme : un gilet déterré dans les ancestraux patrons de la Coupe d’Or (rassemblés laborieusement sur trois générations) auquel j’ai ajouté une capuche à cornes et oreilles (trop grandes et trop lourdes mais pas grave : Gussette n’a pas daigné garder la capuche sur la tête bien longtemps) et un pantalon sarouel top fastoche qui donne un effet « gros derrière ».

Définitivement, la polaire à la surjeteuse, c’est juste super agréable et hyper rapide, sauf la mauvaise surprise au niveau des oreilles : trop de polaire tue la polaire la couture… J’ai fait une couture machine avant de surjeter. Pas suffisant, j’y suis retournée à la main, puis à nouveau à la surjeteuse. C’est moyennement propre à cet endroit-là  mais ça tient, c’est le principal.

Le plus long ? Les innombrables appliqués. Heureusement un simple point zig-zag un peu large suffit puisque Madame la Polaire ne s’effiloche jamais. Par contre, quelques points ont sauté mais j’avoue ne pas avoir pris la peine de changer mon aiguille alors forcément… Mais avez-vous remarqué les super poches-taches sur le sarouel ?

J’avais aussi commandé un biais « vache » mais je ne l’ai pas utilisé en bordure finalement : ça faisait too much. Par contre il m’a bien dépannée pour faire un lien à la capuche. J’en ai un rouleau entier…

La pauvre Gussette a dû mourir de chaud en polaire avec les températures digne d’un hiver arctique. J’avais fait un gilet pour qu’au moins elle puisse l’ouvrir, mais je ne suis pas certaine que ça ait changé grand-chose…

Ma dernière astuce éco testée sur la rose des vents de mon sac à main et réutilisée ici pour les cornes : les chutes de tissu en remplacement du rembourrage. J’ai un carton entier de chutes de tissus « au cas où » qui ne servent jamais, pas de rembourrage à portée de main… Cépagrave ! Bon soyons honnête, ça ne fait pas aussi propre  qu’avec du vrai rembourrage. Ça va pour des cornes sur un déguisement d’enfant mais pas à utiliser sur tout. Et puis les chutes de polaire et de jersey fonctionnent mieux que le drap aussi…

Sac à main pour un hiver serein

En voilà un titre ben pourri dites donc ! Tout ça pour dire que je me suis fait un sac à main pour relayer mon Totoro tout cracra qui aurait bien besoin d’un bon bain (et plus si affinité, et ça tombe plutôt bien, ça affine ça affine…).

Un tour à St Médard lundi, et me voilà de retour avec de la suédine ocre et un coton imprimé maritime dans les teintes sépia.

Pour le modèle, j’ai pioché . Cette fois, on ne notera que quelques rares modifications. J’ai transformé les fronces : la suédine coopérait assez moyennement, j’ai donc privilégiés des plis. Les arrangements sont donc la conséquence de cette modification. J’ai même gardé les petites étiquettes insérées par la créatrice initiale car elles apportent une petite touche de fantaisie à un endroit qui aurait été bien monotone en leur absence. Je ne suis pas peu fière du résultat : Totoro va pouvoir prendre un bain bien mérité, la relève est assurée pour l’hiver !

Devant
Devant
Derrière
Derrière
Dedans
Dedans

Comme vous pouvez le constater, il se ferme à l’aide d’un simple bouton pression : discret, efficace et à peu près solide. Côté extérieur une rose des vents referme le pli tandis que l’autre côté arbore un chouette bouton métallique. Le rendu final est juste magnifique et j’en suis bien contente parce que j’ai planché un petit moment sur la déco !

Côté intérieur, j’ai inclus deux pochettes :

une pour le téléphone
une pour le téléphone
une discrète au fond pour... hum... "les petites affaires"
une discrète au fond pour… hum… ça ne vous regarde pas

J’en aurais bien ajouté une troisième pour mes trousseaux de clefs, mais les plis et les imprimés m’ont contraint de renoncer à cette folie. Pour la pochette du téléphone, ça s’est malheureusement mal goupillé, ce dernier n’accepte de s’y glisser que dépouillé de sa housse. Ce qui est tout simplement hors de question vu comment ces trucs sont fragiles. . C’est vraiment dommage mais du coup, j’y range les câbles du téléphone et j’y ai glissé mon stylo qui arrêtera ainsi de se cacher au fond du sac.

A noter une grande première technique : j’ai presque réussi à fermer mon biais correctement. Bon… presque…

Oh ! un pougnac !
Oh ! un pougnac !

Mais comme je commence à devenir un peu moins gourde (et surtout comme je m’attendais à me chier lamentablement comme à mon habitude), j’avais pris soin de fermer à l’endroit où devait venir se fixer la bretelle…

 Et voilà le travail !
Et voilà le travail ! Plus de pougnac !!!

Et une fois rempli et porté, est-ce que c’est over trop la classe me demanderez-vous ? Je vous laisse seuls juges, je manque d’impartialité sur le sujet…

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German « Simplicity »

Ce samedi, nous étions de mariage, et pour une fois, j’avais sérieusement décidé de dégainer le porte-feuille pour m’acheter une jolie robe de cocktail. C’était sans compter sur Mamette, la mère-grand de Jérôme qui m’a annoncé au mois de mai :

« Angélique, pour votre anniversaire cette année, j’ai pensé que vous pourriez vous acheter un beau tissu pour vous faire une belle robe…« 

Ah la grande idée que voilà Mamette, j’étais à court de projet ! Tant pis pour la robe de cocktail, on verra ça une autre fois.

Partie en quête d’une idée qui me plairait, je tombe nez à nez (et en amour) avec un modèle du tout dernier Tendance Couture, le magazine publié par le concepteur de patrons allemands Simplicity (comme son nom l’indique, il est bien germain oui).

Tendances Couture n°13 - modèles 1 à 4
Oui bon… la couleur du scan est un peu moche, j’avoue

Pour ceusses qui l’ignoreraient, les patrons allemands ont une ou deux réputations à tenir :

  • leurs poitrines sont over-volumineuses
  • ils taillent grand
  • et surtout… ils sont incompréhensibles !

Ma seule autre expérience dans le domaine date un peu, je l’avoue, et à l’époque j’avais un peu été poussée à admettre que leur réputation n’était pas usurpée mais les années passant… sait-on jamais…

Bon alors déjà, on inspecte l’ouvrage, on détache les feuillets de patron : ça commence plutôt mal. Les patrons de magazines japonais sont déjà impressionnants quand on les déplie… Soyons honnêtes, les allemands sont pires. J’ai perdu 24 dixièmes à chaque œil. Au moins.

M’attendant au pire, j’ai décidé d’examiner préalablement et de façon très détaillée TOUS les conseils qui précèdent les instructions de montage. On jette donc un œil au tableau des mensurations et là, c’est le drame !!! J’apprends ainsi que j’arbore une jolie taille 44, alors que dans le commerce je prends du 42 maxi, tout en sachant qu’en plus les patrons allemands taillent grand et qu’en même temps les explications précisent « Les tailles sur les planches correspondent aux tailles allemandes, c’est-à-dire : taille 40/42 = taille 42/44 ». Sachant que les surplus de couture sont déjà inclus dans le patron (1.5 cm de surplus ? On a presque de quoi faire une doublure avec ça !!!) et qu’à cause de ça Simplicity déconseille formellement de mesurer les patrons pour vérifier les dimensions (mesures qui sont de toutes façons généralement trompeuses, donc la démarche est inutile quoi qu’il en soit).

Je suis déjà noyée !

Faisant part de mon désarroi à ma génitrice, celle-ci me suggère de faire un test avec une petite robe d’été en taille 44 et d’ajuster le tir si besoin pour la robe finale. Le principe de la toile revue à l’efficace va-t-on dire. Pas bête, puisque justement, une variante du modèle me plait beaucoup aussi. C’est ainsi que j’ai fait non pas une mais deux robes en fait. Bon ça n’a pas loupé, la taille 42 était largement suffisante. Comme quoi les tableaux des mensurations hein…

Alors la troisième réput’ n’est pas usurpée hein. On gagne de la place sur les indications, donc pas de zoom. On enchaine dessins/explications/dessins/explications/dessins/explications… On passe son temps à chercher où sont les explications qui vont avec le dessin, d’ailleurs à quel dessin en était-on… Bref, effectivement c’est la [schtroumpf]*.

En fait, les indications ne sont pas seulement obscures, elles sont également incomplètes ! Ça va de l’indication globalement superflue mais que ça aurait été pas mal de le préciser pour les débutantes, à celle qui te fait refaire 3 fois ta couture parce que vraiment ça manque. D’ailleurs je n’ai toujours pas trouvé l’endroit où ils signalent sur laquelle des 4 planches on peut trouver le patron correspondant au modèle (dans mon cas, il s’agissait du premier modèle du magazine et je l’ai facilement trouvé sur le volet A).

Le sens de couture des bretelles : y’a bien marqué le devant et le dos, tout va bien hein. Mais les bretelles sont asymétriques en ce qui concerne l’intérieur et l’extérieur de l’épaule. Et là, pas moyen de savoir ce qu’il en est alors on fait au plus logique : on met le creux de la bretelle côté cou et « l’excroissance » côté épaule. Râté.

Les fautes de frappes sont sympas aussi. On me conseille ainsi de faire une couture de soutien à… 11.3cm du bord. Quelle est la distance correcte ? J’en sais rien, je ne l’ai pas faite, elle ne sert à rien. Au contraire du surpiquage qui n’apparait jamais mais que je me suis empressée de faire parce que sinon le rebord n’a aucune tenue (c’est d’ailleurs dans les techniques de base dans mon Encyclopédie de la couture).

De même, la couture des bretelles n’est initialement pas renforcée – ce qui me parait tout à fait aberrant – et ils font coudre les bretelles au bustier tout de go sans ajustement. Ce que je ne peux concevoir sans une séance d’essayage préalable, et franchement j’ai bien fait (rien que pour l’histoire du sens des bretelles).

Tout ça pour qu’à la fin, je reprenne 5cm dans le dos de la robe finale qui flottait complètement (et encore, le devant aurait bien mérité qu’on lui retire 2 cm, mais pour ce faire, il me faudrait tout découdre et tout recommencer).

Verdict : mes robes sont jolies, y’a pas de soucis, mais faut vraiment s’armer de patience. Ma fâcheuse manie de coudre sans patron m’aura au moins permis de rectifier le tir sur un truc ou deux, mais je n’aime vraiment pas l’idée d’intégrer les marges de couture. Déjà, 1.5 cm** c’est trois fois trop et en plus, couper tout contre le patron, c’est juste un coup à mettre un coup de ciseaux de couture dans le papier du patron***. Les initiés savent qu’on ne coupe JAMAIS autre chose que du tissu avec des ciseaux de couture.

Bref… « Simplicity » mes fesses !

* Aaaaah ouiiii, le retour du schtroumpf ! Gussette répète tout en ce moment !

** Sauf indication contraire. L’indication, tu la vois trop tard, youpi ! A moi le découd-vite !

*** Vécu, of course.