Esteban, Zia et tout le tralala

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Gussette a fort récemment découvert Les mystérieuses cités d’or. J’assure n’y être pour rien, ce qui me permet de râler tout mon saoul quand elle me chante le générique en boucle (imaginez ma joie…), du moins ça me change de Trois petits chats et de toutes ses variantes. D’ailleurs pour la peine… je vous laisse en profiter aussi !

Dans le cas des Mystérieuses cités d’or, je pense néanmoins pouvoir faire porter le chapeau à Beau-Papa, si j’en crois le témoignage (fort partial au demeurant) de ladite Gussette, mais vu qu’elle y a passé le week-end dernier, je dois pouvoir m’y fier. Quant au fait que le héros porte le même nom que son copain Petit Prince, ça n’est absolument pour rien dans cette soudaine passion, promis juré !

Au final, la demoiselle – justement en vacances – se fait l’intégrale en vidéo sur Internet. Eh ben croyez moi, les scénaristes ne se sont pas foulés !!!

Pour vous rafraichir un peu le pitch :

Esteban est un jeune orphelin de 12 ans qui habite Barcelone en 1532. On le surnomme « Le fils du soleil » car on croit qu’il a le don de faire apparaitre le soleil, même dans les moments les plus critiques. Après avoir découvert qu’il serait en fait originaire du nouveau continent, Esteban s’embarque à bord de l’Esperanza aux côtés de Mendoza.

A mesure des péripéties, il rencontre ses deux compagnons, Zia, une jeune fille Inca, et Tao, dernier descendant du peuple de Mu. Ensemble ils partent en quête des sept mystérieuses cités d’or que tout le monde recherche.

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Première interrogation au passage : comment en quelques mois, 3 mioches de 12 ans en découvrent plus au sujet de ces cités d’or que les Incas eux-mêmes qui sont là depuis des siècles ? Vachement fortiches les morveux !!!

Et très franchement, des incohérences, y’en a plein le scénar.

  • Genre on est en 1532. Pizarro vient tout juste de soumettre les Incas, mais ses lieutenants ont déjà eu le temps de revenir en Europe, de livrer une prisonnière Inca et de l’enlever et de repartir avec elle. Bon allez, vu qu’on nous dit qu’il y a 5 mois de voyage, on va miser sur le fait que Pizarro a peut-être soumis les Incas entre le 1er janvier et le 28 février… Ah ben non en fait, un tour rapide sur Pédia nous apprend qu’il a fait ça au mois de novembre. Loupé.
  • Genre on envoie en expédition un bateau complètement pourri pour traverser l’Atlantique, le Détroit de Magellan et remonter le long de la Côte Pacifique… Ce n’est pas crédible, vu le danger que représentait l’Océan à lui tout seul à l’époque. On ne s’amusait donc pas à faire traverser l’Atlantique à des coques de noix toutes pourrites.
  • Genre Mendoza qui obtient de ses supérieurs qu’Esteban ne soit pas jeté par-dessus bord en arguant que tous les marins savent que son pouvoir peut les protéger de n’importe quelle tempête sur cette épave flottante… Alors pour le passage du Détroit de Magellan, Esteban reste bien à l’abri dans sa cale tout le long pour bien laisser Mendoza affronter une météo difficile à la barre pendant 96 heures en continu. Et pis l’Esperanza finit par couler après avoir affronté un cyclone. Mais c’est quand tout est réglé qu’on pense à faire appel aux pouvoirs d’Esteban.
  • Genre au passage, le cyclone est suffisamment puissant pour soulever le bateau (de plusieurs dizaines de mètres quand même), mais les voiles et le bateau sont à peine endommagés et aucun homme n’est porté disparu. Enfin si… quand le bateau retombe mais le cyclone lui, il est gentil. A propos d’homme disparu je tairai cet épisode drôlissime où Gaspard manque de passer par-dessus bord dans le Détroit de Magellan… Personne ne s’émeut une demi-seconde pour cet homme qui, lui, fait bien un joli plongeon du haut de sa vergue et disparait dans les eaux du Détroit sans un regard.
  • Genre « c’est un iceberg ». Merci Zia, d’où te vient ce savoir, toi qui n’a quitté ta montagne que pour te faire enlever par les Espagnols ? Un apprentissage express lors du trajet aller peut-être ? Ça expliquerait sans doute sa méconnaissance sur la question, car après un instant de surprise en pensant au Titanic qui était passé nettement moins près que ça de son iceberg, on s’aperçoit que ce n’est ni plus ni moins qu’un glacier bien rattaché à son petit bout de continent.
  • Genre quand l’Esperanza se casse en deux, la proue ne coule pas et les héros poursuivent leur voyage comme ça. Ce sont finalement de mystérieux courants qui achèvent l’épave.
  • Genre quand Pizarro demande à Zia de lire son quipu, cette grosse cruche se contente de refuser  d’en révéler le contenu au lieu de lui sortir un gros bobard que personne n’aurait pu vérifier. Et finalement, cette andouille déballe tout quand ses amis sont menacés, mais là encore, il ne lui vient pas à l’esprit de mentir. Mieux, à aucun moment Mendoza ne lui suggère cette idée pour les sortir du pétrin. Au moins l’éducation de nos enfants est sauve… contrairement à la première cité d’or dont l’emplacement vient d’être vendu par une gamine sans cervelle.
  • Genre Zia arrive dans son village vidé de ses habitants. Dès lors, elle ne se préoccupe plus du tout de retrouver son père. Elle a retrouvé son village, y’a personne mais ce n’est pas grave.
  • Genre les Espagnols, qui ne connaissent pas les lieux et n’ont pas de guide, sont constamment plus rapides que les indigènes qui savent où ils vont et connaissent les pièges. Ce qui fait que les uns se font systématiquement devancer par les autres qui sont pourtant partis après sur un terrain qui leur est hostile et qu’ils ne connaissent pas. C’est formidable !
  • Genre à ce propos, quand les Espagnols cherchent un guide pour rejoindre le Vieux Pic, c’est Mendoza qui se propose, prétextant qu’il a l’habitude de guider les bateaux sans repère, alors la montagne, c’est tout pareil !!! Forcément !!!

Grosso modo, on en est à l’épisode 12, la suite promet d’être réjouissante. Au moins, les scénaristes ne sont pas étouffés par la honte à prendre les mioches pour des blaireaux. J’ai une petite pensée pour Bédéchris dont le hobby est justement de chasser les incohérences scénaristiques. Le jour où j’ai besoin de me débarrasser d’un collègue encombrant, je le colle devant Les mystérieuses cités d’or et le tour est joué !!!

Juste pour modérer cet accès soudain de mauvaise foi, je suis au regret d’annoncer qu’en comparaison avec certains autres dessins animés des années 1980 (genre Jayce et les conquérants de la lumière… un grand moment !!!), celui-ci est d’assez bonne qualité.

C’est à se demander comment on a pu s’en sortir dans la vie avec de telles âneries !!!