Mes nuits que j’aime

En ce moment, nos nuits sont un chtit peu chaotiques.

D’abord Alcide a sorti ses premières dents. Sans douleur, sans rien dire. Un jour : pouf, elles étaient là. Deux jolies incisives en bas. Mais alors depuis, qu’est-ce qu’il en chie !!! Donc ben nous aussi hein. Genre il se réveille toutes les fins de cycle de sommeil, ce qui correspond pour un bébé à 45 minutes. Et puis je soupçonne que son angoisse de la séparation le travaille un peu aussi parce que les dents ça ne fait pas tout. Bref, depuis une semaine, nos nuits sont plutôt difficiles.

Ah oui et puis Gussette, en pleine crise de grande-sœurisation que plus ça va moins ça va (et que d’ailleurs ça va… mal finir) nous fait des trucs du genre pipi-au-lit toutes les nuits et réveil-systématique-à-7h30-depuis-deux-ou-trois-semaines.

Avec Jérôme, on fait un rêve diurne tout rose avec plein de paillettes, des arcs-en-ciel et des licornes partout : un jour on pourrait dormir à nouveau… Ou pas… Cette nuit, on change d’heure. Donc demain, au lieu de se lever à 7h30 du mat’ après une nuit de m****e, on va se lever à 6h30 du mat’ après une nuit de m****e. Et les jours suivants aussi, parce que justement c’est un week-end de pont !

Le jour où Alcide est arrivé

Voilà voilà voilà… Vous vous doutiez bien que ça vous pendait au nez. La bonne nouvelle, c’est qu’avec quasiment 7 mois de recul, ça devrait être un peu moins schtroumpf. Mais voilà, moi j’ai quand même envie d’en parler : un jour Alcide est arrivé.

Alcide est arrivé dans de drôles de circonstances cela dit.

Après 2 fausses couches.

Après une grossesse vraiment pénible : nausées, épuisement, ligaments, sciatique, lombaires, rétention d’eau, névralgies intercostales, hypertension, mobilité impossible dès les 7 mois de grossesse… (Et comme une schtroumpfette, je ne me suis même pas fait arrêter plus tôt ! J’ai compris plus tard pourquoi j’en avais tant bavé).

Après une hospitalisation puis – pour ne pas changer – un déclenchement.

Après une grosse frayeur, une échographie-doppler et un examen cardio, où Dr Pau-Orthez* m’a rassurée et renvoyée chez moi avec un monito tous les deux jours et un rendez-vous la semaine suivante si Bébé est toujours au chaud.

La semaine suivante, Bébé est toujours au chaud justement. Malgré 7 nuits ponctuées de contractions pour faire joli.

Faut bien dire qu’étant donné les circonstances, cette fois-ci je n’ai pas fait comme pour Gussette. Je n’ai pas fait le ménage. Je n’ai pas fait le marché. Je n’ai pas fait la promenade en forêt. Je me suis reposée. De toutes façons, étant incapable de me déplacer convenablement depuis déjà deux mois, j’aurais voulu le faire, j’aurais même pas pu.

En tous cas, lors de cette ultime visite chez Dr Pau-Orthez, je me suis vue annoncer que bon, Bébé était pas mal prêt à sortir, on était à une semaine du terme, on allait pas trop trop laisser les choses trainer. « Vous revenez demain soir avec votre valoche, on vous déclenche après-demain à 7h du mat’ pour esquiver le petit dej’« . Youpi, c’est justement la seule chose de mangeable ici, le petit dej’**.

Vengeance : le 15 mars au soir, avant de me pointer à la maternité, Jérôme et Gussette m’ont offert un dîner à la crêperie.

Alors mon déclenchement, cette fois-ci, c’était pas tout à fait la même programmation.

Pour Gussette, on était 3 jours après le terme et si je l’avais écoutée, elle serait toujours au chaud. Bref, le col était bien fermé, y’avait tout à faire. On a donc commencé par un déclenchement « soft » au « propess » pour faire mûrir le col. Elle ne serait pas sortie d’elle-même dans les 24h, j’aurais eu en prime ce que j’ai subi pour Alcide : l’ocytocine en intraveineuse. Parce qu’Alcide, lui, il a bien compris qu’à un moment faudrait y aller, mais Dr Pau-Orthez, lui, il a dit qu’il n’allait pas assez vite. L’innocent.

En fait, il était sans doute pas loin de sortir. Sage-fanne m’a dit après l’accouchement que pour elle, y’avait pas vraiment eu de déclenchement. Parce qu’Alcide est sorti en mode fusée.

A 7h, on me pose de la perf . On me branche une machine qui envoie l’ocytocine réglée sur 1,5 (en grammes par heure je crois mais pas sûre… les pros commenteront en bas). Normalement, on augmente de 1 à chaque heure. A 12h02, heure officielle de la sortie d’Alcide, soit 5h plus tard seulement, la machine est bloquée à 3,5.

Alors déjà, l’accouchement en 5h, y’a du record. Mais le must, c’est la poussée.

« Docteur, docteur, lâchez tous vos rendez-vous, le bébé arrive ! Non mais là maintenant, allez allez…« 

Dr Pau-Orthez arrive, se lave les mains et Sage-fanne, affairée entre mes jambes*** de dire : « Allez, on saute dans les gants, on saute dans les gants ! » et Dr Pau-Orthez de répondre « Non mais vas-y continue, tu t’en sors très bien« . Et pour cause. Parce que moi je cherche plus à comprendre, je pousse. En 4 minutes Alcide est né, c’est Sage-fanne qui m’a aidé à l’accueillir. L’obstétricien apprécie la situation un peu plus loin.

Oui, j’ai aidé mon bébé à sortir. Il m’a tendu les bras et on a fait un gros peau à peau pendant très longtemps.

Et quand est venu le moment des premiers soins, Sage-fanne a tenu à me montrer la belle bête.

Oui, bon, c’est un bébé quoi.

Et les paris. Sage-fanne : « moi je dis qu’il fait 4kg« . Dr Pau-Orthez : « meuh non… allez, pas plus de 3,9kg…« .

La sage-femme a gagné. 4,240kg pour 56cm. Quelle idée de se faire suivre par un médecin basketteur ???

« Houlà… 56 cm ? Il va pas rentrer longtemps dans le 1 mois ?« 

Ah non mais justement, le 1 mois, Jérôme et l’auxiliaire-puéricultrice n’ont pas réussi à le fermer. A mon retour de la maternité, j’ai lancé les lessives de 3 mois.

En tous cas, j’ai compris pourquoi cette grossesse avait été si difficile. Avec un bébé pareil, mon corps n’a tout simplement pas assumé.

Une fois encore je ne regrette rien.

Je voulais essayer sans péridurale, voir jusqu’où je pouvais aller sans sauter sur l’anesthésiste en me disant que je n’aurais pas le courage de supporter la douleur. Pour Gussette je n’avais finalement rien sentie et du coup, rien poussé. Mais Dr Pau-Orthez m’a dit qu’avec un déclenchement, c’était péri obligée mais que rassurez-vous on ne la dosera pas très forte et vous rajouterez des doses si vous voulez. Sage-fanne m’a aidée à réguler les doses quand elle a vu que je n’allais plus gérer la douleur mais en intégrant bien que je voulais sentir le travail. Et j’ai senti sans trop trop souffrir. C’est ce que je voulais.

Je voulais pouvoir bouger, mais là, moins glop. Cette fichue perf me faisait un mal de chien (« Jérôme, ta main, ta main, TA MAIIIIIN… Mais non, prends l’AUUUUUUTRE« ). Donc point de ballon ou de positions chelous. Pour autant, aucun regret.

J’ai eu de la musique, j’ai râlé après Jérôme qui n’arrivait pas après avoir déposé Gussette à l’école (« Ben j’étends la lessive, j’arrive après« . Oui merci, tu penses à arriver avant la sortie du bébé ?), j’ai été accompagnée tout le long, la sage-femme ne quittant la salle d’accouchement que pour préparer celle juste en face, on a beaucoup papoté, on a regardé le Bassin à travers les fenêtres, j’ai eu mon peau à peau comme je voulais.

Les bémols sont arrivés après.

Alcide ressemblait tellement à sa sœur… Je n’avais pas l’impression d’avoir un deuxième bébé. Juste d’être revenue 4 ans et demi en arrière et de tenir à nouveau Gussette dans mes bras. Il a fallu attendre notre retour à la maison, qu’on soit tous les quatre ensemble pour vraiment faire la part des choses.

L’autre truc pas cool, c’est qu’Alcide n’arrivait pas à ouvrir bien la bouche pour la tétée. J’ai eu des crevasses énormes pendant 3 semaines, j’étais en sang. Ma formidable sage-femme m’a suivie de près avant de m’envoyer voir le médecin de la PMI. Et là encore la PMI m’a sauvée. Ou plutôt elle a sauvé mon allaitement, celui que je voulais mener depuis des années et que j’ai failli abandonné au bout de 3 semaines de crevasses horribles. Aujourd’hui, Alcide a presque 7 mois et il déborde de ses vêtements en 9 mois. Il tète. Il tète beaucoup et il adore ça. Et moi aussi. Je parlais d’un allaitement d’un an ? Je crois qu’on ne s’arrêtera pas en si bon chemin…

* Ouais, être suivie par un médecin qui a joué au basket en équipe première à Pau-Orthez, ça en jette quand même !

** Genre le pain beurré, c’est exactement le même que celui que me préparait mon Papy quand on passait nos vacances avec lui à Andernos. Vinie : aboule les larmes pleines de nostalgie.

*** Oh la vision top glamour !

 

Cœur de Shrek

Pour la toute première fois de ma vie, j’ai cuisiné un oignon.

Si, un oignon.

Un vrai.

Épluché, émincé et tout.

L’AMAP me fait vraiment faire n’importe quoi !

Bon, et je me suis empressée de le faire bien fondre et de le planquer sous une bonne grosse soupe de butternut histoire de faire passer tout ça.