Le matin

Si j’ai trouvé une solution pour le bain, je n’ai pas encore trouvé celle pour le matin. Entre les réveils difficiles, les petits déjeuners difficiles, l’habillage, le brossage de dents, le coiffage, le pipi qui dure des heures, le départ à l’école, le trajet vers l’école et j’en passe…. Il y a mille et une raisons d’avoir droit à une crise quelconque le matin. Et il y en a toujours une qui s’applique.

Chaque matin je m’arrache les cheveux et je ne trouve pas de solution. Parents, donnez-moi votre truc, parce que là, pour moi, la prochaine étape sera de prévenir la maîtresse et d’attendre que Gussette se décide (avec 1h1/2 de retard) pour lui montrer la honte que c’est d’être en retard le matin. Pas sûr que ça fonctionne, mais sûr que ça va m’énerver.

L’heure du bain

Attention, ceci est un tuyau pour les parents ! Ça peut vous servir pour de vrai !

Je sais pas chez vous, mais chez moi, l’heure du bain, c’était un peu la croix et la bannière.

Genre : « Gussette c’est l’heure du bain… » puis 3 minutes après « Gussette au bain ! » et puis encore un peu plus tard, etc. etc. etc. Ça pouvait durer 20 minutes à 1/2h chaque soir. J’ai essayé tous les stratagèmes recommandés par tous les professionnels de la puériculture de la terre: prévenir 10 minutes avant, puis 5 minutes avant, puis 2 minutes avant, puis 1 minute avant ; éluder le refus en posant un autre choix (un bain ou un douche ? avec ou sans mousse ?). Résultat ? Ben ça marche que dalle. Gussette est en train de jouer, je peux me gratter pour qu’elle daigne lâcher ses playmos, ses feutres ou je-ne-sais-quoi d’autre.

Mais depuis une dizaine de jours, ça va vachement mieux parce que j’ai décidé de réfléchir avec mes propres neurones (pourtant je n’en ai pas beaucoup en ce moment). Puisque le problème de Gussette c’est qu’elle veut continuer à jouer, on va faire un jeu. J’ai préparé un tableau sur l’ordi avec 2 entrées. Sur les lignes les dates. J’ai vu modeste, j’ai juste mis les jours de novembre pour commencer. Sur les colonnes, un timing et des couleurs.

  • Moins de 2 minutes : la colonne est vert pomme
  • 2 à 3 minutes : le vert est plus pâle
  • 3 à 6 minutes : on est en jaune pâle
  • 6 à 10 minutes : jaune vif
  • 10 à 15 minutes : orange clair
  • 15 à 20 minutes : orange
  • 20 à 30 minutes : rouge
  • plus de 30 minutes : rouge bordeaux

Le jeu, c’est que quand je dis au bain, je signale aussi que j’ai allumé le chrono. Le but c’est d’être dans la première colonne au moment où une petite paire de fesses toutes blanches franchissent la baignoire. Ben croyez le ou non : ÇA MARCHE !

Pire timing à ce jour : 8’04 (c’était vraiment un mauvais jour avec crise et tout). Meilleur timing à ce jour : 1’34. Les 2/3 du temps, on est dans l’une des deux premières colonnes. Vous n’imaginez pas le progrès !!!

Et elle les réclame ses colonnes ! Hier je faisait autre chose quand je lui ai demandé d’aller au bain et je n’avais pas mon téléphone sous la main pour lancer le chrono. Mais Gussette m’a réclamé ses colonnes pour savoir où elle était (mais non mais Gussette, je sais pas où t’es, j’ai pas mis le chrono) !

Et le pire, c’est que avant, une fois mise au bain, elle n’en sortait plus. Maintenant, elle passe 10 minutes au bain et c’est elle qui réclame à sortir (alors que bon, le chrono, c’est juste pour y aller hein).

Envie de vomir

Comme tout le monde, vendredi soir j’ai été atterrée d’écouter la radio en rentrant chez moi. J’ai flippé ma mère en entendant l’ambiance apocalyptique et j’ai pensé très fort à tous ces gens qui (comme nous le même soir, mais juste dans une autre ville) sont sortis s’amuser. Fêter un anniversaire, boire un verre entre amis, trinquer à un heureux événement… Dans les victimes, il y avait sans doute des femmes enceintes qui profitaient de leurs derniers moments de liberté, peut-être des familles qui sont sorties ensemble, enfants compris. Ou des parents qui ont confiés leurs enfants à la baby-sitter en sachant qu’ils devaient rentrer avant minuit pour la libérer. J’ai pensé à ceux qui réalisaient un rêve en allant voir en concert leur groupe préféré. J’ai pensé à tous ces gens qui profitaient d’un vendredi comme un autre pour se détendre après une semaine de labeur. Ils sont partis le cœur léger, ils sont rentrés le cœur lourd… S’ils ont eu la chance de rentrer. J’ai pensé à ces familles qui attendaient dans l’inquiétude des nouvelles de leurs proches. J’ai eu la chance de ne connaître aucune victime (enfin je crois). Ce qui s’est passé me donne envie de vomir. Ce qui est venu après aussi.

Ce genre de scène, il y en a tous les jours dans le monde et tout le monde s’en fout. Ce qui choque les gens, c’est juste qu’il a eu lieu à Paris. Résultat : un sentiment de nationalisme exacerbé, du grain à moudre pour Marine Le Pen et Nadine Morano, des drapeaux bleu-blanc-rouge qui fleurissent sur Le livre des visages et sur les monuments du monde entier, la Marseillaise dans toutes les versions possibles et imaginables.

Pendant ce temps, les Palestiniens continuent à s’en prendre plein la tronche, les femmes continuent à se faire violer en Syrie (et ailleurs), les Centrafricains s’entretuent, etc. Tout ça dans l’indifférence la plus totale. Et pourtant les dégâts sont tellement plus importants.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas se sentir concerné par ce qui s’est passé, au contraire. Moi aussi j’ai mis ma bougie à la fenêtre, moi aussi je suis les actualités pour connaître les avancées de l’enquête et de la situation. Mais je suis envahie par un sentiment de démesure. Pourquoi ce qui s’est passé à Paris a engendré une telle mobilisation internationale alors que tout le monde s’en fout quand un gonz fait sauter un bar au Maghreb (sauf si y’a des Français dans les victimes… pardon) ? Ce qui me dégoûte, c’est qu’il faut être Occidental pour mériter des larmes.

J’ai la chance d’être née en France, j’aurais pu en avoir moins et mourir à 10 ans en sautant sur une mine antipersonnelle, mais le destin a voulu que je sois Bordelaise aux XX°-XXI° siècles. Ce n’est pas que j’aime mon pays, mais j’aime ses valeurs. Je ne suis généralement pas d’accord avec ce qui s’y passe parce que si mon pays a des valeurs, il chie dessus à la moindre occasion (le pays des Droits de l’Homme ? je me marre). Pour autant, j’y vis bien, j’y suis globalement en sécurité, j’ai le droit de dire ce qui ne me plait pas et j’y suis heureuse, à l’abri. C’était aussi le cas de tous ces gens qui sont sortis à Paris vendredi soir dans l’insouciance et je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’aurais pu y être. Mais je ne peux pas non plus m’empêcher de me dire que, décidément, toutes les vies n’ont pas la même valeur.

Pourquoi Gussette est (encore) malade ?

Parce que ce week-end, Gussette a trouvé que faire des châteaux de sable en pataugeant dans la flotte au mois de novembre, c’était la classe.

la-riviere-des-crocrodiles

Le premier qui me fait remarquer que, en même temps, son père ne lui avait rien mis sur les jambes, je lui ferais remarquer qu’au moins, ça fait une pièce de linge épargnée.

En tous cas, les filles étaient fières de leur belle réalisation ! Et moi je récupère la crève de Gussette. Classique.

 

Histoire de m…

Au bout de deux semaines sans aucune amélioration du côté de mes pauvres petits ligaments martyrisés, j’ai décidé de prendre quelques jours de repos (et de prendre rendez-vous chez un ostéo aussi, mais ça c’est un autre problème). C’est pour ça qu’hier matin, j’ai décapé les chiottes de fond en comble. Petite rétrospective.

La semaine dernière, l’enfer des évacuations a recommencé. Cette fois, c’est pour la pomme de Jérôme, parce que dans mon état et sachant que déjà c’est pas la grande forme, je ne vais pas m’amuser à passer une heure à 4 pattes dans la m… pour déboucher les évacuations avec mon gros bidon. Donc vendredi, avant de partir en week-end avec Gussette, Jérôme a débouché les évacuations. Week-end nickel. Je les rejoins dimanche matin : OK. On rentre dimanche soir : OK. Et puis à 22h30, ça faisait glouglou dans les toilettes. Mama mia.

Au final, Jérôme n’a réussi à venir à bout du bouchon que mercredi matin (merci les jours fériés) avec l’aide du Kärch… nettoyeur haute-pression* du voisin, autant vous dire que le contenu des Water Closed n’était pas beau à voir. Quitte à profiter du prêt de notre généreux voisinage, Jérôme a remonté les tuyaux côtés maisons pour décaper tout ça.

« Angélique, tu me dis quand ça fait des bulles dans les toilettes ?« 

Alors Angélique, qui était de l’autre côté de la maison, a ouvert en grand la porte des toilettes et en grand la lunette pour bien entendre les bulles et prévenir rapidement.

Il n’y a jamais eu de bulles, l’embout du Kärch… du nettoyeur haute-pression est ressorti directement dans les toilettes. Je laisse Gussette témoigner :

« Papa, il a éclaboussé les toilettes partout avec le caca. Y’en avait partout partout sur le sol, sur le plafond, sur les murs (prononcer « mour ») et même sur les toilettes. Maman elle a tout nettoyé le caca !« 

Pourvu qu’elle ne raconte pas ça à la maîtresse, parce qu’avec une version pareille, son père va se retrouver avec une drôle de réput’ dans Lacanau !

Bon bref… « quelques jours de repos » hein…

* Pas de marque on a dit !

Bis repetita… ou pas

Hier j’avais mon écho du deuxième trimestre, celle ou j’apprends, en toute logique, que je suis en train de fabriquer une petite fille, ainsi que le veut la tradition familiale. Ça fait d’ailleurs des mois que je réfléchis à la meilleure féminisation de « Bis »… Bise ? Bisse ? Bisette ? Bissette ? Quant au prénom, je vous laisse imaginer la torture habituelle pour tout parent en quête d’un prénom.

Comme dans la famille, on est un peu taquin, Bis a même laissé planer le non-suspense en cachant pudiquement sa petite chatounette. Ou pas. Imaginez donc le choc quand le médecin m’a sorti que non non, Bis était juste en train de se gratter la couille droite.

Y’a un mâle dans mon bidon. Je n’arrive pas à l’admettre, c’est juste improbable. Pourtant les photos sont claires, y’a pas de doute possible, ce n’est pas un cordon ombilical hein !!!

Bon, plus besoin de féminiser « Bis », par contre on repart à la pêche au prénom… masculin cette fois.

Le ménage

S’il y a une activité qui m’emplit de joie rien que d’y penser, c’est bien le ménage.

Non je plaisante.

Je déteste, comme tout le monde (sauf Mamette et Mlle Pinsec de toute évidence).

Je déteste d’autant plus que j’y passe mes lundis et que pour autant j’ai toujours le sentiment d’avoir une maison dégueu. Oui je sais : un jour par semaine c’est un peu limite pour avoir une maison propre, surtout quand on habite une maison bourgeoise immense, mais que voulez-vous ? Comme beaucoup, je combine 35h de travail hebdomadaire, la gestion d’une petite fille et l’entretien de ma maison. Donc comme ces beaucoup-là, j’ai une maison dans un état déplorable. Et encore… Merci à Astro de dégrossir un peu.

Et encore, elle est déplorable en temps normal. En ce moment elle est juste catastrophique. Pourquoi ? Et bien parce que je suis enceinte. Je n’ai toujours pas compris comment faisaient nos ancêtres dont le rôle se cantonner à entretenir le domicile conjugal, pondre et élever des mioches et assouvir les besoins primaires du mâle. Parce que déjà, les premières activités sont totalement in-com-pa-tibles.

Premier trimestre de grossesse : ai-je déjà dit que c’était le pire moment de la grossesse ? Nausées + fatigue = y’a plus personne, vous oubliez.

Deuxième trimestre de grossesse : on commence à revivre, youpi. Non mais pour autant, on s’essouffle comme un veau au bout d’un quart d’heure maxi. Si en plus vous avez les ligaments en compote (comme moi, tiens…), c’est fini. Le médecin trouve qu’aider un simple atelier pendant 2h (en position debout, certes) est déjà complètement déraisonnable. Comment vous dire que mon ménage ne souffre aucune pause, sous peine de ne jamais reprendre (comme là par exemple : contrainte de me reposer mais je sais déjà que me remotiver me prendra bien 7 jours).

Troisième trimestre de grossesse : en mode ballon-bibendum-loque, vous abandonnez toute idée de faire le ménage. Au bout de 9 mois vous déprimez en regardant votre baraque et vous vous dites que bientôt, on pourra remettre la main à la pâte. Pauvre innocente !

Une fois le mioche sorti de son antre, c’est ter-mi-né ! Il vous accapare, il ne dort jamais (sauf dans vos bras, tiens…) et quand vous arrivez miraculeusement à le faire dormir dans son lit, vous flippez votre race à l’idée que le bruit de l’aspirateur puisse le réveiller (en fait, j’ai cru remarquer que le ron-ron du moteur endormait Gussette à un moment). Sans parler de la fatigue parce que, hé oui mesdames, après un accouchement, vous êtes crevée ! C’est fou ça hein ?

Vous devrez attendre d’avoir repris le travail, d’avoir collé le nain chez la nounou ou à la crèche pour vous offrir royalement 1h ou 2 de ménage hebdomadaire. Ne croyez pas que ça s’arrange en grandissant : pourquoi croyez-vous que je fais ça le lundi ??? Enfin… sauf vacances scolaires bien sûr. Et encore, je n’ai pas encore trouvé la solution qui combinera les horaires de Bis et ceux de Gussette avec la simple idée de ranger ce qui traine.

Pardon ? Que dites-vous ? Une femme de ménage. Oui j’y pense très sérieusement. Non pas pour faire tout le boulot mais surtout pour me soulager et compléter le peu que j’arrive à faire. Mais voilà, Jérôme traine un chti peu des pieds lui (forcément, c’est pas lui qui s’y colle 😛 ). Il a fini par convenir que oui peut-être ce serait pas mal. Mais ce serait bien de réussir à rendre la maison présentable avant…

Ah.

Y’a pas comme un non-sens là ?