Arrêter de crier

Il y a plusieurs mois après une journée absolument horrible, j’ai pris conscience d’un truc : j’avais passé mon temps à hurler après ma fille et, outre que c’est épuisant et extrêmement désagréable de passer un dimanche à crier, je me suis dit que je n’avais jamais envisagé d’éduquer mes enfants dans les cris.

On en a discuté un peu avec Jérôme, que c’est pas possible ça peut pas durer et j’ai ensuite fait ce que je fais systématiquement quand je m’interroge : j’ai fouillé sur Internet. Oui c’est comme ça, je vis ma vie sur Internet. En général ça ne fonctionne absolument pas, mais cette fois, je suis tombée sur un site pour arrêter de râler. En soit c’est juste hors de question d’en arriver à cette extrémité : cette tare-là est héréditaire et je ne renierai pas mes origines, d’autant plus que ça me vient de mon pépé qui vient de rejoindre les petits nuages là-haut. Non je n’arrêterai pas de râler.

Par contre, cette dame met là en application une technique qui vaut le coup d’être envisagée sur ma problématique, surtout que ça fait manifestement partie de ses problèmes à elle aussi. Puisque le cerveau a besoin de 21 jours d’efforts consécutifs conscient pour acquérir une nouvelle attitude et si ça marche sur un truc aussi général que de râler, on va tenter le truc sur les cris contre Gussette.

Notez que j’ai choisi le bon moment, vu que ça implique aussi d’apprendre à rester zen face à un enfant qui fait tout pour vous faire sortir de vos gonds. C’est sûr qu’avec les hormones en plein boom, c’est l’idéal !!! Enfin il n’empêche… Surtout que quand j’ai pris ma bonne résolution, je n’étais pas enceinte et ç’aurait été trop bête de s’interrompre pour si peu. Au contraire : si j’y arrive enceinte, j’y arriverai sans doute après !

Et donc ?

Donc déjà, la petite dame, elle conseille d’utiliser un bracelet pour se fixer sur sa résolution. Chaque fois qu’on contrevient à sa résolution, changer le bracelet de poignet. Il faut réussir à garder le bracelet 21 jours consécutifs du même côté. L’idée de base est bonne mais concrètement ? Concrètement, déjà, il me fallait un bracelet là tout de suite maintenant qui ne soit pas trop laid et pas trop trop difficile à retirer parce que bon, faut pas se leurrer, ça va pas venir de suite tout seul. J’ai donc fait à la va-vite un petit bracelet brodé avec un ruban et un bouton pression. Le bracelet a tenu 15 jours, après quoi je l’ai accroché à mon sac… 1 mois sans qu’il bouge, puis envoyé à la poubelle parce que là, définitivement, il était trop immonde.

Et puis, le bracelet c’est bien beau, mais ça pose quelques problèmes :

D’abord moi je peux pas dormir et me laver avec un bracelet. Donc le bracelet, je le retirais le soir, je le remettais le matin en me demandant… « Mince, il était de quel côté ??? »

Ensuite quand on arrive à aligner plusieurs jours consécutifs sans crier, on se rend vite compte qu’on ne se souvient plus quand est-ce qu’on a changé le bracelet de poignet la dernière fois, et que donc, s’il faut enchainer 21 jours en étant amnésique, ça va être coton.

Bref, le bracelet est parti à la poubelle et j’ai décidé d’utiliser les post-its de mon téléphone pour noter les dates de derniers cris. Mais je n’ai pas lâché l’affaire.

Alors très franchement, le succès n’est pas à la hauteur de mes attentes. Pendant plusieurs mois, je n’ai pas réussi à battre mon record de 48h mais ces derniers temps j’ai constaté une amélioration. J’ai réussi à atteindre 10 jours quelques fois et même, d’une façon générale, les crises s’espacent, les journées sont plus agréables et Gussette se braque moins (heureusement). Le constat évident, c’est que plus on crie et plus on crie. L’enfant se braque, provoque et devient infernal sans raison. Je ne ferai pas de psychologie sur le pourquoi du comment. On ne s’en rend même pas compte quand on commence, mais moi, le 31 mai dernier, j’ai franchi un stade où je me suis dit « plus jamais ça ». Ce n’est pas la vie de famille que j’ai envie d’avoir. Être en conflit permanent avec ma fille est une idée que j’abhorre et ça met tout le monde sur les nerfs avec pour résultat qu’on en vient à s’engueuler entre adultes.

Même si c’est très très long, même si cet effort doit durer encore plusieurs mois/années, là comme ça, j’ai envie d’insister parce que c’est vraiment plus agréable pour tout le monde.

De la représentation de la femme dans le basketball

Et hop, une petite analyse sociologique du monde du sport, ça faisait très trèèèèès longtemps !!!

Le week-end dernier, nous nous sommes offert un joli cadeau avec Jérôme : l’occasion (sans doute unique) de voir des matchs de basket de très très haut niveau (avec en option la possibilité de voir l’équipe de France masculine jouer, ce qui ne gâche rien).

Pour la rétrospective, je vous invite à aller jeter un œil sur Instant-grammes, ça m’évitera de bégayer et en plus vous l’aurez en photo. Mais pour info, c’était juste génial.

Il y a néanmoins un truc qui me fait hurler depuis des années dans les compétitions internationales de basket, ce sont les pauses. Je m’explique.

Au basket, le chrono est régulièrement arrêté. Déjà le temps de jeu est divisé en 4 fois 10 minutes. Il y a donc au minimum 2 fois 2 minutes (entre les 1er et 2e quarts-temps puis entre les 3e et 4e) et 1 fois 10 minutes (à la mi-temps) de pause. En dehors de ces pauses règlementaires, il y a énormément d’occurrences pour arrêter le chrono. La balle sort du terrain ? Untel a fait faute ? Une équipe demande un temps mort ? Au final, les 40 minutes de jeu réel occupent facilement 1h30 de votre vie.

Or dans les compétitions internationales, les orgas décident qu’il faut occuper le public pendant toutes ces pauses. L’occuper de façon intelligente je veux dire. Donc ils foutent des nanas bien gaulées et à moitié à poil qui tortillent des fesses pendant les pauses.

Danseuses
Les ballons, c’est juste pour essayer de trouver une logique à leur présence, ne cherchez pas d’autre lien…

Le pire dans tout ça, c’est que le public apprécie. Si si si, je l’ai vu de mes yeux à moi que j’ai pas plus tard que dimanche ! C’est certes bon pour la testostérone mais passablement horripilant, d’autant qu’elles ont la fâcheuse manie de squatter le parquet quelques secondes de trop. Je précise tout de même que ce ne sont pas les seules fautives : elles alternent environ une pause sur deux avec d’autres types d’animations au moins aussi intellectuelles.

Là où je me suis méchamment interrogée, c’est ce week-end, alors que ces dames partageaient l’espace avec un groupe de danseurs hip-hop. Ils se livraient alors à une sorte de match où les danseuses vulgaires gracieuses affrontaient de viriles prestations de hip-hop. C’est alors que l’un de ces messieurs s’est adonné à un élégant coup de hanches à l’adresse des danseuses.

Depuis je me pose une question : quelle image de la femme essaie-t-on de véhiculer ? Nous sommes au XXI° siècle, schtroumpf de schtroumpf ! On en est encore à devoir s’offusquer d’attitudes qui ne devraient même plus exister ! Montrer ces femmes-objets placées là pour gonfler les hormones d’un public majoritairement masculin (quoique…), rien que ça, ça devrait attrister une bonne partie de la population. Oser laisser un ramassis de cailleras faire un geste aussi déplacé, et à fortiori devant 27000 personnes, ça devrait être puni par la loi !

Tout au long de notre week-end à Lille, nous avons vu des affichettes sauvages dénonçant le harcèlement de rue, le geste de ce soit-disant danseur ne me semble pas moins scandaleux.

En dehors de ça, le basket féminin français bénéficie d’une aura de sainteté avec des performances encore meilleures que celles des hommes. Pour autant une Isabelle Yacoubou ou une Céline Dumerc n’aura pas autant de prestige qu’un Tony Parker ou un Nicolas Batum. A cela, rien de surprenant, c’est malheureusement le même constat dans tous les sports. Je ne réhausse d’ailleurs pas le niveau puisque je ne suis les performances féminines que de loin là où je regarde avec assiduité les matchs de l’équipe masculine. Néanmoins j’espère : pendant les pauses durant les matchs de l’équipe féminine, est-ce que les hommes sont aussi bien ridiculisés et maltraités ?

Gussethon : quatrième étape

Oui voilà, notre fille fête ses quatre ans et nous, parents indignes, on se casse à l’autre bout de la France en la droppant à ses grands-parents. On est vraiment des ordures !

Mais qu’est-ce qu’on y peut nous, si les grandes dates du basket ont toujours lieu en septembre ???

Bon bref, cette année, notre Gussette a encore poussé comme un bambou.

C’est maintenant une vraie petite fille :

  • qui s’exprime correctement (enfin presque…) ;
  • qui va à l’école avec empressement (la malheureuse n’a pas encore compris) ;
  • qui a une demie-tonne de copains et copines (même que pour sa fête d’anniversaire, il a fallu passer au moulin à censure) ;
  • qui a développé un harem : son copain T. de chez Nounou, le petit voisin, Spiderman (si si, on parle bien de Peter Parker là, c’est pas un surnom) sont ses amoureux et je ne parle pas de celui qui lui a collé un smack sous mon nez l’an dernier… Gussette nous soutient mordicus que non ce n’est pas son amoureux parce qu’il est amoureux de machine. Sauf que moi je l’ai bien vu le smack, hein !
  • qui est super fière de faire du basket comme Papa (à l’autre bout du Médoc c’est plus sympa).

Quatrième étape du Gussethon : check ! (enfin ça sera tout à fait « check » quand on l’aura fêté avec elle demain, hein).

Je pars

Non je ne plante pas ma famille sur un coup de tête, je n’annonce pas non plus la fermeture du blog (qui va me prêter son épaule pour pleurer après ?), je prends mes bagages le temps d’un week-end.

Aujourd’hui, avec Jérôme, nous prenons le train pour traverser la France de Sud en Nord, terminus à Lille, stade Pierre Mauroy.

Cette année, on a décidé que la finale de l’Eurobasket, on n’allait pas la regarder sur un streaming pourri mais qu’on irait plutôt la voir en vrai. Finale + petite finale, messieurs-dames : non on ne ratera pas la France 😛 (même si on aurait préféré les voir en finale, c’est sûr). Les quatre meilleures équipes européennes sur le parquet, là, juste devant nos yeux… Ça va être que du bon !!!

Dimanche, ouvrez bien vos mirettes en regardant la télé : on y sera !

Et juste parce que je suis une grosse chauvine : allez les garçons, ramenez-nous au moins du bronze !

Pourquoi je flippe

Il y a un truc qui fait que ces deux-trois derniers mois, je n’ai pas été sereine et qui fait que je ne le serai jamais vraiment pendant les mois à venir (enfin j’espère. oui c’est bizarre de dire ça). Un truc dont je n’ai jamais parlé ici, alors que pourtant, « mon blog c’est mon psy ». Peut-être parce que c’est un truc dont on ne parle pas vraiment, peut-être parce que les seules personnes qui peuvent comprendre vraiment sont celles qui l’ont vécu, peut-être parce qu’on n’a pas envie de faire étalage de ça, peut-être parce que d’en parler me rend agressive, peut-être parce que… plein de raisons ou d’absences de raison…

Ce truc c’est que j’en suis en fait à ma 4° grossesse. Ou plutôt à mon 4° début de grossesse (premier trimestre, mon amour). Alors oui, si vous faites bien le compte, à l’heure actuelle, j’ai un seul accouchement à mon actif. Bravo, vous pouvez maintenant passer Math Sup’.

Que s’est-il passé ? On n’en sait rien. Un coup de pas d’bol sans doute. On sait que la fausse couche est très fréquente (mais les stats changent d’une source à l’autre) alors on y pense, sans y penser. On regarde ses copines et on se dit qu’on explose les quotas (ou pas, peut-être qu’elles n’en parlent juste pas, comme chacune) alors ça peut tomber sur soi, pourquoi pas. Mais quand on se retrouve aux urgences avec une porte de prison qui annonce (aimablement, cela va sans dire) : « la grossesse est arrêtée », il ne reste plus que les yeux pour pleurer. « Le fœtus était sans doute mal-formé, suggère-t-on, votre corps l’a éliminé naturellement ». Est-ce que ça rassure réellement ? Bien sûr que non ! Ce petit bonhomme qui est parti, on l’attendait tous déjà. Maman la première.

C’est dur, c’est certain mais ça arrive, ça n’empêche absolument pas que ça fonctionnera la fois suivante. Surtout que tout le corps médical s’est mis d’accord sur un point : « Vous en avez déjà eu un, c’est donc qu’il n’y a pas à s’inquiéter ».

Alors pourquoi, au coup suivant, on sait déjà que ça finira dans les toilettes ? Et pourquoi l’expérience nous donne-t-elle raison ? Pourquoi le sort s’acharne-t-il ?

Cette fois-ci, je suis enceinte pour la troisième fois en trois ans. Et là ça fonctionne. On est arrivé petitement aux 12 semaines fatidiques, frayeurs après frayeurs. On dit que les femmes enceintes sont chiantes ? Mais avez-vous essayé celles qui ont peur ?

Maintenant, j’ai un bidon énorme qu’on dirait que j’ai 1.5 mois de grossesse supplémentaire, c’est officialisé au boulot, tout le monde me félicite, tout est beau, tout est rose…. Mais se détendre tout à fait ne semble pas être à l’ordre du jour, on trouve toujours un bon prétexte pour flipper.

Pourquoi j’en parle maintenant ? Parce que sinon je ne le ferai jamais : ça ne me manquera pas, je préfère tourner la page. L’écrire ne m’est pas évident mais j’estime qu’il faut le faire car personne n’en parle, à croire que ça n’existe qu’ailleurs, chez les autres… C’est une expérience difficile et pas seulement sur le moment. On y pense à chaque cycle. On y pense surtout à chaque début de grossesse, on prie pour que ça ne recommence pas, on pleure au moindre doute, on s’endort angoissée, on se réveille rassurée… pour quelques heures.

Petits cerveaux et gros soucis

Ça aussi on l’oublie après accouchement tiens… La perte d’une partie non-négligeable des neurones chez la femme enceinte n’a pas seulement des répercussions sur son vocabulaire et sa capacité à retrouver ses clefs.

C’est ainsi que, pour Gussette, j’ai mangé une fourchette et ne me suis pété les deux incisives du haut (ça fait sérieux ça… et mal aussi). C’est aussi de cette façon qu’hier, en descendant de mon beau lit tout neuf avec 30cm de rebord (Gasconne toujours), j’ai malencontreusement heurté trois orteils.

« Heurté »… Pour une fois, sans exagérer, je me suis vraiment fait mal, j’ai mis 10 minutes pour commencer à arrêter de pleurer. J’ai encore mal. Très très TRÈS mal. Le pansement (parce que j’en saigne !) que j’ai mis ce matin me fait atrocement souffrir, parce qu’il APPUIE ! Et la chaussure appuie sur le pansement qui appuie sur l’orteil.

Je suis sûre de m’être fêlé l’orteil ! Ça fait un mal de chien, je marche en boitant et je pleure à chaque mouvement (bon, sur ce dernier point, d’accord, j’exagère. A peine).

Petit Bis, sois gentil, laisse-moi quelques neurones quand même, c’est douloureux…

Note du 17/09 : Au bout de 3 jours, j’ai enfin réussi à TOUCHER mes orteils afin d’évaluer les dégâts. Diagnostic : deux orteils lourdement atteints. Toutefois, au bout d’une semaine, je ne souffre plus, il semble donc que les os ne sont pas touchés. Aucun hématome ne s’étant manifesté, disons que les ligaments ou les muscles ont dû prendre un mauvais coup. Enfin chais pô, chuis pô médecin… Mais en tous cas, ça va mieux, merci 🙂

Pourquoi je déteste le premier trimestre

Alors je sais qu’on est en pleine rentrée mais ce n’est pas de ça dont il s’agit, évidemment. Puisque vous avez remarqué que je suis de retour avec un polichinelle dans le tiroir, on va parler de trucs sympas : gros bidons et petits malheurs.

Lors de ma première grossesse, je me plaignais qu’on m’avait rien dit. Alors d’abord, si on ne nous dit rien, c’est pour deux raisons.

  • La première c’est que la nature est bien faite : après l’accouchement, on oublie tous les trucs pas cool. VÉRIDIQUE. A la rigueur on les relativise au maximum… Ce n’était pas si terrible.
  • La seconde c’est que les a priori sur les femmes enceintes sont en fait véhiculés par les hommes et qu’il n’en reste que ce qu’ils voient eux. Ce qui permet de donner une image de la grossesse vachement stéréotypée : la femme enceinte est chiante, elle gerbe tout le temps et en plus faut qu’on trouve un magasin ouvert à 23h46 parce que là, tout de suite, maintenant, elle veut bouffer un truc.

Mais franchement, faut le vivre pour le croire. Alors on va mettre un tout petit peu les points sur les i. Je ne vais pas vous ressortir tous les trucs chelou qui nous tombent sur le coin du baigneur. Puisque vous êtes là c’est que vous savez lire… Suivez le lien plus haut, y’a tout dedans.

La très grande majorité des trucs chiants, ça nous tombe dessus au premier trimestre. La fatigue, les insomnies, les nausées et les paquets cadeaux qui vont avec… Tous les trucs les plus chouettes qui font que non, la grossesse c’est vraiment pas sympa par moment, ça tombe au premier trimestre. Vous savez ? Ce moment précis où votre ventre est tout plat et que vous ne pouvez ni couper la file de la caisse prioritaire, ni prendre la place handicapée dans le bus parce que personne ne va vous croire. Juré, ce foutu premier trimestre, c’est l’EN-FER et franchement, je continue à militer pour qu’on ait droit à congé mater à ce moment-là. Après, ça peut être joie, bonheur et félicité (je ne voudrais vraiment pas dégouter Grenadine pour de bon alors que, malgré tout, ça vaut le coup !), mais le premier trimestre est mon pire ennemi. Si vous avez la chance d’avoir fait des fausses-couches (on en reparlera peut-être), vous avez en plus profité plus souvent que de raison de ces mois d’horreur, je vous plains sincèrement et de tout mon cœur.

Je voudrais faire un petit retour sur les nausées en particulier, parce que j’ai eu la chance inouïe d’y réchapper pour Gussette. Mais pas cette fois, vous l’imaginez bien.

J’ai trouvé un article mémorable, réjouissant et tellement vrai des Mamans testent. Je vous invite à le lire pour entre-apercevoir ce que c’est que ce truc horrible, ce que ma Sainte Maman (celle qui a eu trois fois neuf mois de nausées parce que la malheureuse n’a vraiment vraiment VRAIMENT pas eu de bol) compare à juste titre à un mal de mer, mais sans bateau et sans répit. Pour ma part, j’espère ne pas en arriver là (aux neuf mois de nausées). Déjà la consommation intensive de gélules de gingembre m’a permis de calmer le retournement d’estomac et d’atténuer (mais pas stopper) les envies de vomir.

A noter qu’on nous rabache mille et un conseils, ceux-là mérite la palme d’or, j’vous jure !!!

Alors déjà l’appellation « nausées matinales » a certainement été inventée par des mecs qui n’ont jamais passé leur journée à ramper au sol en laissant derrière eux un filet de gerbi.

On vous dit qu’il faut :

  • fractionner les repas de sorte de n’avoir jamais le ventre vide (oui parce que ça donne envie de vomir). Sauf que si vous vous souvenez bien de mes leçons, vous savez qu’une femme enceinte a toujours faim. Donc en fait, il s’agirait d’être mise sous perfusion en 24/24 pour que ça fonctionne ;
  • éviter les odeurs, comme si vous aviez le choix. Je ne supporte même plus l’odeur des lys quand je passe devant ce fameux jardin pour aller chercher la puce à l’école, alors celle des toilettes de la médiathèque devant lesquelles je suis obligée de passer plusieurs fois par jour… comment dire… Et la boulangerie et le resto qui se trouvent précisément sur mon trajet entre la maison et le boulot. Et quand les voisins font des frites (oui parce que bon, moi j’ai renoncé à en faire et a fortiori à nettoyer la friteuse, ce qui règle le problème). Et quand je prépare les repas (parce que je rappelle que Jérôme mange – au mieux – un repas sur trois avec nous, ce n’est donc pas lui qui va s’en charger). Et le gel douche. Et quand votre aînée a pourri les chiottes. Et quand vous avez en face de vous un lecteur qui… non rien… ;
  • d’éviter de cuisiner pour échapper aux odeurs, à la place vous pouvez essayer de jeûner éventuellement (ou pas, ça donne des nausées) ;
  • manger ce qui vous plait mais pas de plat épicé, frit ou en sauce (ça donne des nausées), pas de ceci parce qu’attention à la toxoplasmose, pas de cela parce que danger y’a la listériose… Grosso modo, je mange de la purée un repas sur deux (j’essaie de varier). Youpi ;
  • consommer du citron, et de façon plus générale des agrumes, ça calme les nausées (parait-il), c’est pour ça que j’ai dû changer de jus de fruit au petit déj’ : le jus d’orange me donne envie de… bon bref, vous avez compris ;
  • consommer de la menthe, ça calme les nausées (parait-il). Je veux bien le croire considérant l’expérience que je décris plus bas, mais qu’on lynche celui qui a proposé le dentifrice mentholé (ma seule expérience gerbouille pour Gussette, c’est dire !). J’en suis à voler celui de Gussette. Il est à la fraise, lui. Et Dieu sait que les dentifrices à la fraise m’ont toujours écœurée ;
  • boire de l’eau par petites gorgées. Ou pas, même par petites gorgées je ne supporte pas. Vive la déshydratation, je ne comprends pas comment j’ai réussi à réchapper à la cystite jusque là ;
  • vous reposer. On en revient au congé mater au premier trimestre hein…

Vous voulez savoir un truc grave ? Le pot de Crevetolla (pas celui au cacao de la Lórien non) est entamé depuis deux mois dans le placard, je n’arrive même pas à regarder son étiquette en face sans avoir de haut-le-cœur. Je veux juste mourir pour ça.

Par contre y’a des trucs qui marchent pas mal chez moi. Je partage, on sait jamais, ça pourrait intéresser quelqu’un :

  • les gélules de gingembre : sans vous ruiner ni vos dégoûter à vie du gingembre, vous pouvez trouver des Arko-trucs en pharamacie, deux gélules par jour (au lieu des 4 préconisées sur la boîte sous peine d’exploser le plafond des 1000 mg quotidiens maxi) ;
  • les sorbets, en particulier en bâton (moins ça a de goût, mieux c’est) : le froid calme l’estomac on dirait. D’une façon générale, les fortes chaleurs de l’été ont eu un effet dévastateur sur mes nausées et j’ai remarqué que l’eau glacée fonctionnait pas trop mal ;
  • le sachet de pruneaux à portée de main : il comporte le triple avantage de caler l’estomac sur l’instant (c’est pas encore la perfusion en 24/24), d’apporter quelques fibres vu la consommation de purée quotidienne et d’atténuer un autre désagrément typique de la grossesse… Je rappelle qu’une certaine créature est en train d’écraser vos boyaux et qu’il y a un truc qui a du mal à franchir le barrage. Amis de la poésie, etc. etc. etc.
  • le thé à la menthe (à consommer avec modération, dans votre état ce n’est pas sérieux de boire du thé) : testé hier, ça m’a fait du bien. Faut que je mette la main sur une ou deux bouteilles de sirop de menthe pour esquiver la théine. Oubliez définitivement le dentifrice à la menthe en revanche.