Au feu les pompiers

Le 2 juillet 2011, j’allais travailler pour la dernière fois avant mon accouchement. Au programme : l’inauguration de la médiathèque, projet sur lequel j’ai bossé pendant 2 ans. Un peu rageant de ne pas véritablement enclencher la mise en place du coup, mais ç’aurait pu être pire : il avait été question à un moment de n’ouvrir qu’en septembre. Bon dans tous les cas, rageant ou pas, j’ai largement profité de ce temps de repos qui m’était donné. Cela dit, on s’en fiche complet, ce n’est pas l’objet de cette note.

Le 2 juillet 2011, souvenez-vous :

Depuis les vitres toutes neuves de la médiathèque, je regardais la fumée monter sans m’imaginer un seul instant que l’incendie brûlerait encore au coucher du soleil. Je précise que le dernier gros incendie à Lacanau datait de 1989. Ce dernier avait marqué les esprits comme si on avait frôlé la fin du monde.

Pour celui de 2011, vous connaissez la suite (enfin… en admettant que vous suiviez un minimum l’information) : feu de tourbière dans les marais, un camping évacué, 380ha partis en fumée, et une circulation catastrophique à Lacanau.

Alors de là à s’attendre à un feu encore plus puissant l’été suivant alors qu’il s’était écoulé 22 ans entre les deux précédents incendies… Et pourtant, jeudi 16 août, ma forêt brûlait à nouveau.

Encore une fois, j’étais à l’ouest (normal quoi), puisque le feu a pris à 12h40, et que je n’ai rien vu en me rendant sur mon lieu de travail à 14h. C’est ma collègue qui m’a mis les yeux en face des trous.

A ma décharge (et à celle de mon autre collègue qui ne l’avait pas vu non plus), le vent ne soufflait pas dans notre direction (heureusement d’ailleurs !!!) et ne ramenait ni fumée, ni cendres, ni odeur vers le centre ville. Pour savoir que la forêt brûlait, il fallait regarder très exactement au nord pour voir la colonne de fumée qu’était en fait pas loin du tout.

A moins de 2 km.

Mme Nounou s’occupait tranquillement de ma Gussette à 1.5km de l’incendie sans savoir que ça brûlait à côté de chez elle. Son jardin donne au sud, elle ne s’est donc aperçue de l’événement qu’à 17h, à demi par hasard. Dire que j’ai failli appeler à 14h pour savoir si tout allait bien… Mais je suis grande, j’ai pris sur moi en me disant que s’il y avait quoi que ce soit, Mme Nounou m’appellerait. Oui parce que Mme Nounou est très très très bien, et que j’ai une entière confiance en elle. Quand on laisse son bébé à garder, c’est quand même mieux de savoir qu’on peut avoir confiance à 200%.

Donc pour repère voici, en suivant ce lien, une petite carte qui montre la distance qui séparait l’incendie de nous, ainsi que l’emplacement par rapport à celui de l’an dernier. A prendre avec des pincettes, car ainsi qu’il est signalé en description, la zone d’incendie n’est pas franchement exacte, c’est une estimation, quant à l’incendie de l’an dernier, je n’en sais pas grand chose en fait. Ce qui est sûr par contre :

  • L’incendie est parti en bord de route. Celle qui relie Lacanau Ville à Lacanau Océan, sur laquelle circule toutes les personnes allant à la plage (et accessoirement quelques Canaulais qui partent travailler, les Canaulais n’ayant pas l’inconscience d’emprunter cette route pour aller à la plage).
  • Il a brûlé à proximité des habitations et tout près d’un camping. A Talaris, il a été question d’évacuer, mais ça ne s’est finalement pas fait. Par contre, panne d’électricité pour toute cette zone. Lacanau Ville n’a jamais été menacée.
  • Le feu s’est arrêté à un fossé de la déchetterie, c’est impressionnant. A la mairie, une personne est allée se plaindre qu’il ne pouvait pas aller à la déchetterie et que c’était scandaleux. Les collègues de l’accueil sont d’une patience insoupçonnée !
  • L’emplacement de la médiathèque est erroné sur Google Map.
  • Non seulement la route entre Lacanau Ville et Lacanau Océan a été fermée à la circulation, mais aussi la déviation de Lacanau Ville. La circulation épouvantable de l’an dernier n’était qu’un avant goût gentil de ce qu’on allait se manger dans la tronche cette fois-ci.
  • Au final, 650ha ont pris feu. 2011, c’était du gadget.

Le détail fun : tous les jours, le vent éloigne les odeurs, mais chaque soir (oui, tous les soirs, et ce soir encore) lorsque le vent tombe, une odeur âcre de bois brûlé envahit Lacanau. Donc le soir, quand il fait enfin frais et qu’on pourrait rafraichir la maison, on se barricade sinon ça schtroumpfe. Je vous mentirais en vous disant que ça ne m’a jamais fait flipper. Le premier soir les doigts dans le nez genre. L’incendie n’est pas maîtrisé, les radios s’en moquent, on n’a plus de nouvelles, les canadairs ne tournent plus, on n’y voit plus assez pour distinguer l’évolution du nuage de fumée et on ne s’attend pas particulièrement à ce que l’odeur de l’incendie débarque d’un seul coup. Pour être honnête j’étais complètement stressée. Merci Maman pour le soutien par textos.

Incendie Lacanau 16/08/2012
Le nuage de fumée le soir du 16 août depuis la maison, quand le vent est tombé. Déjà vachement moins impressionnant.
Canadair
La maison était pile en dessous de la boucle des canadairs. Ils passaient très bas (et très souvent) et occultaient régulièrement la lumière dans le puits de jour.
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9 réflexions au sujet de « Au feu les pompiers »

  1. Je me souviens d’une fois qu’on faisait du cully avec Soizic sur le lac et que deux canadairs (les anciens prépositionnés) se sont amenés pour faire un exercice d’écopage sur le lac !
    Y a pas à dire : deux canadairs qui te foncent dessus quand tu fais de la voile, c’est impressionnant !

    Par contre, comme tout le monde ou presque, je n’ai pas compris pourquoi ils les avaient retirés de Mérignac, ces canadairs !
    D’accord, ça brûle plus souvent dans le sud-est, mais là-bas, c’est parce que c’est des stroumpfs !
    Ils feraient un peu plus gaffe, ou, mieux, ils arrêteraient d’y mettre le feu volontairement, à leurs forêts, ça se passerait plus tranquillement.
    Par contre la forêt des landes, c’est quand même le plus grand massif forestier de France. Et comme y a encore des arbres au sol depuis les tempêtes, ça peut devenir chaud bouillant quand ça crame !
    Bref, je pige pas. Encore des économies de rien qui coûtent cher.

    1. Le préfet a joliment contourné la justification en expliquant que c’est pendant que les canadairs intervenaient sur Mimizan que l’incendie s’est dangereusement développé.
      Une jolie façon de ne pas dire qu’il ne comprend pas non plus cette démarche, tout en couvrant l’État parce que c’est son boulot.

  2. J’ai aussi un souvenir de remplissage de canadair et moi sur une planche (pour dire qu’il y a très longtemps) en train de m’accrocher à une bouée qui définissait la limite du ski nautique!!
    Comme si, ma pauvre bouée pouvait m’empêcher de pas me faire avaler, mais c’est quand même super impressionnant!!

    et je pense aussi, que c’est scandaleux, d’avoir retirer les canadairs de merignac, c’est pas comme si on était entourée de forets!!

    1. Pour information, ils ont eu le bon goût d’interdire la navigation tout le temps de l’incendie, permettant ainsi aux canadairs de tourner en continu et de remplir rapidement sans mettre qui que ce soit en danger (moi aussi j’ai quelques souvenirs de leurs exercices à Pâques, mais à ce moment-là ils n’avaient pas d’urgence). Évidemment, il y a toujours des gens pour râler. Les professionnels pour changer…

  3. Ouf ! Géraldine et moi nous demandions comment ça se passait pour vous (d’où mon passage sur le site *sifflote*).
    Bisous à vous tous !

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