La première fois

Non, rien à voir avec la chanson de Tryo et des Ogres de Barback, on va encore parler bébé (même si finalement, l’un passe forcément par l’autre).

Quand on part à deux (ou plutôt à un, plus une baleine) pour la maternité et qu’on revient à trois, c’est plein de premières fois. Aujourd’hui par exemple, pour la première fois, Gussette a réussi a gardé ses doigts dans sa bouche…

Mais surtout, ce soir, pour la première fois, nous avons fait un repas complet, apéro inclus, en entier ensemble, comme avant, et sans pleurs !!!

De l’art d’être papa

Leçon de vie n°1

Vu ce matin au petit dej’
Mille excuses pour la qualité pitoyable de la couleur. Avec un bébé, y’a pas le temps…

La première merveille du monde

Les beaux yeux de GussetteNe croyez pas qu’elle se contentera de la 8° place ! Maman est aussi fière que Gussette est casanière. Car oui, pour répondre aux commentaires, elle doit être casanière. Elle a aussi joué les prolongations à la maternité, 24h bonus pour se faire chouchouter, laisser Maman faire un bon baby blues pendant qu’elle attendait sa montée de lait et frustrer Papa qui avait tout préparé à la maison pour le retour de ses deux petites femmes et qui s’ennuyait ferme tout seul le soir.

Alors pour le compte-rendu (passage pas forcément passionnant mais j’ai été assez impressionnée par ces 26h alors vous allez avoir droit à tous les détails), nous avions rendez-vous lundi matin (le 19, le terme étant le 16) pour une « maturation du col ». Dans la lignée des « ce qu’on nous cache », on nous cache aussi qu’entre l’accouchement spontané et le déclenchement, il y a des méthodes relativement douces de faire naître bébé. Merci à mon obstétricienne d’être si bien, merci à ma sage-femme de me l’avoir recommandée !!!

Le principe : plutôt que de déclencher les contractions artificiellement à l’ocytocine, on met une sorte de tampon avec du gel (Propess) qui est supposé faire travailler le col. Au passage, comme ça travaille le col, ça a généralement pour conséquence un accouchement rapide. Vous verrez qu’effectivement, ça n’a pas trainé. Bon, je ne vous cache pas que le déclenchement à l’ocytocine (mon angoisse) était programmé pour mardi matin et que je ne suis pas passée loin. Je dirais même que j’étais pas mal résignée.

Donc lundi matin, attachée à mon monitoring comme un prisonnier à ses menottes, j’ai patiemment attendu qu’il se passe quelque chose. A 12h30, soient 3h après le début du monito, j’ai réussi à obtenir une perm de 2h, youpi ! Faut dire que rester allongée sans bouger quand on commence à ressentir quelques contractions, ben ça devient vite douloureux. Car bonne nouvelle, j’ai découvert ce qu’était une contraction durant la matinée \o/ Et mauvaise nouvelle, le col, lui, n’a pas bronché d’un millimètre 😦

Après 2h à pouvoir bouger, retour au monito… Tiens, les contractions sont un peu plus intenses. A 16h, le col… n’a pas bougé. On me colle une piaule avec pour consigne de marcher, monter/descendre les escaliers, faire du ballon, bref bouger quoi. 18h, dernier monitoring : à l’Ouest, rien de nouveau… Couchée tôt parce que finalement je n’avais rien de mieux à faire, et alors que l’équipe a bien insisté sur le fait que je ne dois surtout pas hésiter à appeler quelqu’un si je trouve que ça évolue, je casse les pieds de l’équipe de nuit parce qu’ à 1h30, les contractions m’empêchent de me rendormir. Nouveau monitoring et examen du col, verdict à 2h30 : le col est toujours dans la même position que le matin à 8h, heure de mon arrivée à la maternité ! Cette fois, c’est la bonne, je suis certaine d’y passer à ce foutu déclenchement 😦 En désespoir de cause, j’erre dans les couloirs de la maternité avant de regagner ma chambre, mais impossible de trouver une position pour dormir, je finis assise sur le ballon, la tête posée sur le lit surélevé. Pas la position la plus confortable ni la plus réchauffée pour dormir, mais la seule que je supporte à peu près. Je n’aurais pas dû décliner cette péridurale qu’on venait de me proposer… Finalement, je regrimpe sur mon lit, à quatre pattes en train de chercher comment dormir, je me surprends à avoir des fuites… doutes… toilettes… Splaaaaaaaaaaaaaash ! Ou plutôt : sauvéééééééééeee !!!! \o/

On m’emmène donc en salle d’accouchement
– Maintenant que la poche des eaux s’est rompue, les contractions vont être plus douloureuses*
– Hein ?! Quoi ? Je veux la péridurale !!!
Puis j’appelle Jérôme :
– Allo Jérôme, j’ai perdu les eaux. Bon, le col n’a pas bougé, il est toujours à 2, donc tu as tout ton temps, tu peux prendre une douche et un petit déj avant de décoller.
– Zzzz… Mais tu n’as pas perdu les eaux…
– Jérôme… C’est la première chose que je t’ai dite ! Tu ne crois quand même pas que je te réveille à 4h30 pour te faire un compte-rendu de l’état de mon col ?!

On me pose une péridurale parfaite (seulement 4 piquouses ^^ ) qui fait effet immédiatement avec une efficacité surprenante et qui me permettra de dormir enfin (sauf que le tensiomètre m’arrache le bras toutes les 15 minutes en faisant le bruit d’un avion qui décolle).

A 7h45, l’équipe de nuit est relevée, une sage-femme vient vérifier mon col et confirme le compte-rendu du médecin de garde 3/4h plus tôt : col à 2-3, il a à peine bougé. Elle prédit un accouchement vers 12h-14h avant de m’installer sur le côté pour aider Bébé à faire son chemin. Après examen de l’évolution du monito, elle corrige : Bébé réagit, ça devrait aller plus vite.
Pour aller plus vite, ça s’accélère effectivement. 3/4h plus tard, elle me change de côté, je suis dilatée à 6 !
9h30, Huston on a un problème ! Envie terrible de faire la grosse commission. J’appelle à l’aide. « Mais non, madame, vous n’avez pas envie d’aller à la selle, c’est Bébé qui veut sortir, ne vous retenez surtout pas, j’appelle la sage-femme… Ah ben en fait, le docteur Lefevre arrive ». Et zou, l’obstétricienne qui va pour mesurer le col et qui s’arrête de suite « La tête de Bébé est là, on se met en place ! »

La suite est moins express, 40 minutes de poussée, pas facile facile, pas franchement agréable non plus comme sensation, mais comme vraiment j’avais une péridurale parfaite, j’ai crié « AÏE ! » juste au passage de la tête.
Depuis 2 mois j’ai conditionné Jérôme sur l’apparence franchement pas avenante d’un nouveau né, j’ai changé d’avis immédiatement quand on m’a mis Gussette dans les bras (et pas prête à changer d’avis concernant l’aspect du cordon ombilical, j’ai évité de regarder de ce côté-là ; de toutes façons, c’est sûr il y était, je le sentais me remonter entre les deux jambes). C’est une très belle petite fille, qui ne s’appelle pas du tout Gussette, et qui est très blonde. Elle est apparue à 10h33 (soit plus tôt, en effet, que les prédictions initiales de la sage-femme), 50.5cm pour un poids de 3.120kg. Aucun signe post-terme, elle semble être arrivée juste au bon moment. Pour ma pire crainte (me faire recoudre l’épisio à vif, témoignage retrouvé régulièrement), à nouveau merci à mon obstétricienne qui a vérifié en premier lieu l’état de la péridurale et qui a fait une anesthésie locale en constatant qu’elle était terminée.

Je n’ai jamais cru les personnes qui disaient que pour elles, l’accouchement était passé comme une lettre à la poste. J’imputais ça au syndrome Florence Foresti, à l’effet de la Brigade des Nurses ou à l’oubli indispensable à la survie de la race humaine… FAUX ! Ca existe vraiment, je l’ai vécu il y a quelques jours à peine !!! Bon, je ne dis pas que je renouvellerais volontiers l’expérience demain, mais je m’attendais tellement à quelque chose de TERRRRRIBLE… J’estime pour ma part avoir eu un accouchement parfait. Si ça peut rassurer Géraldine… ^^

En fait, ce qui est terrible, c’est la suite. A chaque jour suffit sa peine. Figurez-vous que téter n’est pas du tout quelque chose de naturel pour Bébé. Ni Maman ni Bébé ne sait faire, c’est super drôle !
– Donc la mission de J1 : apprendre à faire téter Bébé.
– J2 : Faire téter Bébé malgré tout (entre les pleurs et les endormissements, on peut passer 1h30 sur une tétée de 20 minutes, Jérôme et moi avons dû faire du coaching intensif).
– J3 : Faire sa montée de lait et aller à la selle pour Maman qui s’en passait bien jusque là (y’a des points à cet endroit, je rappelle).
– J4 : Faire le baby blues et la montée de lait parce que ça n’a pas marché la veille.
Dans l’ensemble, essayer de comprendre Bébé n’est clairement pas une chose aisée. Le personnel de la maternité a beau être formidable, les explications ou les instructions peuvent énormément différer d’une personne à l’autre, et les équipes de nuit abreuvent de compléments (plus faciles que l’allaitement au sein pour régler certaines situations, c’est certain, mais pas franchement efficaces pour aider Maman et Bébé à préparer un allaitement serein par la suite). Bref, Maman ne sait plus où donner de la tête, qui écouter, quoi faire.
Tant que Papa est là en journée, ça va, Maman se sent soutenue et peut se reposer pendant que Papa berce Bébé qui pleure, mais la nuit, Maman est toute seule, elle est fatiguée, et elle est vite dépassée.

Enfin ça y est, on est rentrées à la maison et on a découvert que la tétine était une invention qui mériterait un Prix Nobel, n’en déplaise aux détracteurs. Cette nuit, j’ai… dormi !!! Tétée à 22h, 3h et 7h, sans drame entre chaque… Ca fait une semaine que je n’ai pas autant dormi. Jérôme a vécu cette nuit beaucoup moins bien, et pourtant il a dormi beaucoup plus, mais il est complètement gâteux ^^

*Précisions sur les couleurs : en bleu c’est moi, en rouge c’est Jérôme, en orange l’équipe médicale.

C’est bon de se sentir aimée

Depuis un peu plus d’une semaine, je suis harcelée au téléphone, tout le monde se met à prendre de mes nouvelles ! Ou plutôt des nouvelles de l’accouchement en fait… C’est bon de se sentir aimée… Enfin ça fait plaisir sinon hein, ça me gave juste de répondre toujours la même chose.

Non mais en fait, faut arrêter, Gussette a juste décidé de rester 2 mois de plus. Jérôme a bien essayé de l’appâter en achetant de superbes saucissons tous bons pour le retour de la maternité, mais je crois que ça ne l’intéresse pas.

Après la méthode douce, le futur papa en vient aux menaces : il lui a promis une rouste à la sortie. Il faut savoir user d’autorité !

L’avantage : les futurs grands-parents (mes géniteurs et ma belle-mère) étaient absents ce week-end, ils n’auront rien raté et auront profité de leurs balades respectives. Et puis je vais même pouvoir profiter de la finale France-Espagne à l’Euro de Basket ! En fait, elle attend que la Dream Team de Vincent Collet remporte sa première consécration européenne ! Avec un peu de chance, j’aurai ma première contraction au buzzer final ? (non, j’arrête juste d’espérer en fait, je ne saurai jamais ce que c’est qu’avoir des contractions naturelles)

Bon pour conclure sur autre chose que mon nombril : Allez les Bleus, on compte sur vous pour nous donner un beau match et écraser l’Espagne !

Le jour J

Aujourd’hui on est le 16 septembre, officiellement Gussette est à terme, mais voilà, elle ne donne aucun signe indiquant qu’elle voudrait sortir. Il m’a bien semblé qu’elle appuyait fort sur le col hier soir, me laissant espérer l’arrivée de quelques contractions, mais au lieu de ça, je n’ai pu que constater l’état de mes pieds, soit à peu près deux fois leur volume normal. Voilà ce que j’ai gagné à essayer de faire descendre bébé pendant 4 jours : un œdème aux deux pieds !

Me voilà pas, à 23h passées, les pieds dans l’eau froide pour les rafraichir, puis allongée les pieds en l’air, pendue au téléphone avec le 15 pour vérifier que tout va bien et que Gussette ne va pas subir les conséquences de mon inconséquence. Le résultat au final, c’est que j’ai passé la nuit avec les pieds en l’air, et gênée dans mes mouvements, j’ai excessivement mal dormi (empêchant au passage Jérôme de dormir aussi) et ce matin, j’ai deux grosses valoches à la place des yeux.

Conclusion : le jour du terme, je n’ai toujours pas de contractions, mais à la place, j’ai les pieds gonflés (même s’ils le sont beaucoup moins qu’hier soir), je suis à nouveau coincée sur le canapé, et je suis complètement crevée et déprimée \o/

Ah oui et aussi, suivant les instructions de mon obstétricienne, j’ai appelé la maternité ce matin pour leur signaler que j’étais à terme mais que bébé préférait rester au chaud. Manifestement, ils ne veulent pas me voir, mais bon, comme ils n’ont pas trop le choix, ils m’ont quand même donné rendez-vous pour un monitoring cet après-midi. J’ai comme l’impression de déranger pour le coup !

Sinon je peux aussi attendre quelques mois de plus pour accoucher hein… La théorie de ma mère : Gussette attend que la maison soit construite pour sortir… Après tout, Merlin est resté 12 mois dans le ventre de sa mère, pourquoi pas Gussette ??

EDIT du soir : Après 2h d’attente (et quelques crises de larmes parce qu’on m’avait oublié), j’ai enfin réussi à passer mon monitoring ! Gussette est en pleine forme, et j’ai même réussi à avoir une contraction. En tous cas c’est ce qu’a dit le graphique, parce que moi, je n’ai rien senti !!! Bref, prochaine visite dimanche si rien n’a évolué entre temps. Au passage, la sage-femme a jeté un oeil à ma tension et à mes albumines, rapport à l’œdème, tout va bien de ce côté-là aussi. Et pour finir, col ouvert à 1… Au moins il n’est plus complètement fermé… Et elle m’a recommandé de continuer à bouger pour que ça s’ouvre… Je ne sais plus sur quel pied œdème danser…

Fail !

J’ai rempli la totalité de mon programme (à l’exception du repassage… pas motivée), et tout ce que j’ai gagné, c’est un dos en vrac.

Pour aujourd’hui, j’hésite entre le rempotage des plantes et le nettoyage de la voiture. Ou les deux ?

Gussette ne veut pas sortir !

Mon inactivité n’est pas du tout révélatrice d’un heureux événement, mais juste de la flemme de terminer ce que j’ai entamé.

Et manifestement, la flemmardise est une tare génétique. Le terme est vendredi, ça fait déjà une semaine que Gussette est autorisée à sortir (Jérôme étant en vacances), aujourd’hui c’est la pleine lune, mais RIEN… NADA… QUE D’CHI…

Du coup, on durcit le programme. Ce matin j’ai fait la salle de bain (enfin j’attends que Monsieur prenne sa douche pour faire la baignoire) et les toilettes. J’ai étendu le linge toute seule comme une grande en faisant exprès des mouvements inutiles et éprouvants. Reste à faire la cuisine et les vitres, et si ça ne suffit pas, ce sera promenade en forêt le plus longtemps possible (Mo’ dit que faire le tour de Toulouse l’a déclenchée. Je n’ai pas de Toulouse sous la main, mais je peux toujours profiter de la nature environnante).

Si ce n’est pas suffisant, je peux toujours faire la poussière, relaver le sol et faire du repassage, ce n’est pas le boulot qui manque vu ce qui s’accumule depuis des mois que « je me repose ».

Bref, Gussette va sortir bordel !!! Si elle ne veut pas le faire toute seule, on va l’aider !!!